Le surréalisme au cinéma

Le surréalisme est un mouvement artistique et littéraire né au début du XXᵉ siècle. Il influence alors profondément la société et l’art sans faire l’impasse sur le cinéma. En effet, il conduit à l’introduction de techniques narratives et visuelles visant à libérer l’imagination. Il cherche aussi à explorer l’inconscient. Il semble essentiel de comprendre le surréalisme cinématographique pour appréhender l’évolution des formes narratives et esthétiques du septième art.

Origines du surréalisme au cinéma

André Breton fonde le surréalisme en 1924 avec la publication du Manifeste du surréalisme. Ce mouvement cherchait à transcender la réalité en libérant la pensée des contraintes rationnelles. Le cinéma, par sa capacité à représenter des mondes oniriques et à manipuler le temps et l’espace, devient rapidement un médium privilégié pour les artistes surréalistes. C’est ainsi que les premiers films surréalistes se caractérisent par des narrations non linéaires, des images choquantes et une logique onirique.

Trois exemples emblématiques

  • Un Chien Andalou (1929) : Ce court-métrage réalisé par Luis Buñuel, en collaboration avec Salvador Dalí, est célèbre pour sa scène d’ouverture où un œil est tranché par une lame. Le film défie la logique narrative traditionnelle. Il enchaîne des images apparemment déconnectées pour évoquer des associations libres, typiques du rêve.
  • L’Âge d’or (1930) : Ce film, toujours sous la direction de Buñuel, explore les thèmes de l’amour et de la société à travers une série de vignettes surréalistes. Il critique les institutions sociales et religieuses. Il provoque à l’époque des scandales et des censures.
  • Le Sang d’un poète (1932) : Jean Cocteau propose ici une exploration poétique de la créativité artistique. Il mêle habilement réalité et imaginaire dans une succession de tableaux symboliques.

Les caractéristiques du cinéma surréaliste

Nous pouvons observer les particularités des films surréalistes sur les points suivants :

  • Une narration non linéaire : Les structures narratives traditionnelles sont souvent abandonnées au profit d’une logique associative. L’idée est ici de refléter le fonctionnement du rêve.
  • Un symbolisme fort : Les objets et les situations sont chargés de significations multiples, souvent liées à l’inconscient ou à des désirs refoulés.
  • La provocation : Les films cherchent à choquer ou à déstabiliser le spectateur. Ils remettent en question les normes sociales et morales.
  • Une esthétique onirique : L’utilisation d’images étranges ou fantastiques vise à reproduire l’illogisme et la fluidité des rêves.

Influence et héritage

Bien que le mouvement surréaliste ait connu son apogée dans les années 1920 et 1930, son influence perdure dans le cinéma contemporain. Des réalisateurs comme David Lynch (Eraserhead, Mulholland Drive) ou Alejandro Jodorowsky (El Topo, La Montagne sacrée) intègrent des éléments surréalistes dans leurs œuvres. Ils peuvent ainsi explorer les profondeurs de l’inconscient et défier les conventions narratives.


Ressources pour approfondir

Nous vous recommandons de lire les livres et articles suivants pour vous aider à comprendre l’importance de ce mouvement. Vous parviendrez ainsi à saisir l’essence du surréalisme et son apport est très significatif à l’évolution du langage cinématographique.

  • « Le Surréalisme au cinéma » de Ado Kyrou : Une analyse détaillée des films surréalistes et de leur impact sur le cinéma mondial.
  • « Surréalisme et cinéma » de Henri Béhar : Cet ouvrage explore les relations entre le mouvement surréaliste et le septième art, offrant une perspective historique et critique.
  • « Quand les surréalistes allaient au cinéma » article de Dominique Païni – en ligne

Voir aussi : Le cinéma en théories